KENNA, Michael - Rétrospective BnF Paris

kenna.JPGla BnF Richelieu consacrait une rétrospective à ce photographe voyageur anglais, installé aux États-Unis depuis plus de trente ans.

La date de clôture étant imminente, j’ai profité d’une pause déjeuner pour faire un saut à l’exposition où étaient présentées plus de deux cents photographies rendant compte de l’œuvre que Kenna consacre depuis des années au paysage :  univers urbains (Hong Kong, Dubaï, Shanghai, New York…), complexes industriels (dentellerie de Calais, centrale de Ratcliffe), campagnes bucoliques anglaises ou japonaises, parcs et jardins, bords de mer, de rivière ou de lac, sites patrimoniaux exceptionnels (Ile de Pâques, Mont Saint-Michel, Pyramides de Teotihuacan et de Guizeh)…

Souvent nimbés de brume ou plongés dans l’obscurité, les paysages sont auréolés de mystère et de poésie. D’ailleurs, Kenna compare ses photos aux haïkus qui, malgré leur peu de mots, possèdent un grand pouvoir d’évocation, en laissant au lecteur le soin de remplir les vides.

La « patte » de Michael Kenna

ses paysages sont exempts de toute présence physique humaine (et même animal, si ce n’est des oiseaux sur quelques rares clichés).
L’existence de l’Homme est suggérée par défaut, dans la domestication de la nature, dans l’édification des monuments du passé, dans le peuplement des cités… Cette particularité donne aux clichés un caractère intemporel, comme si le temps était suspendu, qui ajoute à leur magie.

Cerise sur le gâteau, Kenna possède un subtil sens de l’esthétique et joue divinement bien des lignes graphiques, des perspectives, des lignes d’horizon.

Un très beau voyage au pays de la rêverie et de la contemplation que je prolonge de temps à autre en me plongeant au hasard des pages dans le catalogue de l’expo.

Michael Kenna
Sous la direction d’Anne Biroleau
Éditions de la BnF (2009) - 230 pages

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