Les cygnes sauvages de Kenneth White

kenneth-white.JPGDans ce récit, encore une fois Kenneth White fait la démonstration qu’il faut rester attentif, et savoir se poser des questions. Un exemple: le cygne a toujours été représenté, depuis Buffon, comme étant apprivoisé et flottant sur un bassin. Raison pour laquelle nous n’imaginons le cygne que flottant. Or le cygne est sauvage, il vole, et serait même «l’un des grands voyageurs du monde.» Comme quoi on peut se laisser abuser…

Et c’est toujours Buffon, le XVIIIe, les «philosophes», la «philosophie naturelle», cette discipline généraliste qui existait avant les spécialisations, «où l’attention se portait sur un questionnement total, ainsi que sur la recherche d’une appréhension, d’une compréhension globale du monde » qui renvoient bien évidemment au concept de géopoétique de kenneth White.

Selon Buffon le cygne serait un «farouche voyageur du monde» et vivrait «en paix avec la Nature.» Le voyage, la rencontre, l’autre, le monde, la paix, la nature: je me demande si nous n‘avons pas ici les notions de base de la géopoétique…et qu'il reprendra dans une apocalypse tranquille

Géopoétique ?

Une notion pas toujours facile à appréhender, croit-on. En fait ça n’est pas compliqué. Ça part d’un constat: la civilisation du progrès ou «autoroute de l’Occident» a montré «qu’elle ne mène pas nécessairement à quelque chose de formidable». Tout est loin d’être intéressant ni enrichissant. On peut même dire que coté culture et coté civilisation, les modèles se sont effondrés. Des «nomades intellectuels» (Nietzsche, Rimbaud…) ont tenté de quitter l’autoroute, de suivre d’autres chemins, de faire entendre d’autres voix.

K.White propose de continuer, de déambuler de territoire en territoire, de s’écarter des sentiers battus, de «nomadiser», de partir à la rencontre des autres, de s’ouvrir au monde, ce qui permettrait de mieux connaître, de mieux sentir les choses, de voir ailleurs et dans toutes les cultures ce qui est valable et qui pourrait être une autre voie pour l’homme. A la question: comment vivre sur la terre (géo), les pieds sur terre – «c’est la vie sur terre qui m’intéresse», dit-il –, K. White propose de chercher les réponses dans la culture, la beauté et l’étrangeté du monde, sa «poétique», en s’ouvrant au monde, en «élargissant», en renouant les contacts entre les humains, voire avec le non-humain: la nature.

Le but de la géopoétique est l’épanouissement de l’être, ici sur terre.

Les commentaires sont fermés.