Libris - Page 2

  • Le mec de la tombe d’à côté / Katarina Mazetti - FIN

    mec-de-la-tombe-a-cote-2.JPGLa sortie en poche du Mec de la tombe d’à côté ne m’a pas davantage inspiré d’envie d’achat. Oui, je l’avoue honteusement : je suis à ce point sensible aux couvertures. C’est bête, mais ce cœur rouge diablement cucul a fait figure de second prétexte pour me tenir à distance de ce roman… Jusqu’à ce que deux autres personnes de mon entourage me tombent dessus et me répètent à nouveau que je ne savais pas ce que je manquais…

    Je l’ai donc emprunté du bout des doigts, comme on saisit un mouchoir usagé qui n’est pas le sien.

    Quand j’ai entrepris d’ouvrir ce bouquin, j’ai vu mes poils se hérisser de détresse en lisant sur la couverture que Katarina Mazetti était Suédoise. Certaine d’être confrontée à un humour de genre pénible tel que celui d’Arto Paasilinna (écrivain scandinave) dont j’avais détesté la prose, j’ai commencé la lecture de ce roman avec la motivation d’un cochon qu’on dirige à l’abattoir…

    Et puis, forcément, je me suis rendue compte combien j’avais été stupide tant ce roman si redouté regorgeait de qualités !

    Désirée et Benny y sont tous deux narrateurs de leur histoire. Leurs voix s’alternent de chapitre en chapitre. Cette démarche permet bien évidemment de connaître le point de vue de chacun, mais aussi de s’attacher, en tant que lecteur, aux personnages : des êtres sincères et authentiques qui ne trichent ni avec eux-mêmes ni avec les autres.

    Jusqu’où des êtres que tout oppose sont-ils capables d’aller pour rejoindre l’autre ? Peuvent-ils s’aimer et se comprendre durablement ? Est-il possible pour Désirée – la citadine – et Benny – le paysan – d’envisager une vie commune, donc de renoncer à la vie qu’ils se sont construite, sans faire preuve d’abnégation? Telles sont les questions qu’aborde ce roman.

    Sans (trop) verser dans le pur cliché, Katarina Mazetti traite ici d’un problème grave avec une légèreté et un humour  à la fois cru, subtil et mordant. De très nombreux passages de ce livre me restent en mémoire, et ce, pour mon plus grand plaisir !

    En définitive, Le mec de la tombe d’à côté est un roman malin, jubilatoire, tendre, juste et addictif !

    Un bon bol d’air frais !

  • Le mec de la tombe d’à côté / Katarina Mazetti

    mec-de-la-tombe-a-cote.JPGDésirée est une bibliothécaire carriériste qui s’abreuve de culture. Elle vit dans un appartement immaculé et tendance dont elle a fait l’acquisition avec son époux récemment décédé, et enrage que ce dernier ait trépassé avant de lui avoir permis de connaître les joies de la maternité.

    Benny, un fermier terre-à-terre, vit au rythme de ses vaches et a un emploi du temps chargé qui lui laisse relativement peu de marge de manœuvre. Il séjourne dans une rustique maison assez mal entretenue depuis la mort de sa mère, et rêve d’une femme qui l’épaulerait dans son travail, s’occuperait du ménage et lui ferait des enfants.

    Désirée et Benny n’ont pour seuls traits communs que d’être trentenaires, célibataires et d’entretenir dans le même cimetière le lopin de terre de leurs morts respectifs.

    Au début, chacun se laisse aller à de nombreux préjugés sur l’autre. Tout y passe : l’attitude, l’apparence, les habitudes, les goûts en général.

    Qu’on se le dise, ils se détestent, et pourtant, un jour, un concours de circonstances va les amener à se sourire mutuellement…

    Ce sourire échangé va générer une profonde métamorphose dans la vision qu’ils ont l’un de l’autre et mettre subitement fin à leurs a priori. Plus que ça, ils vont être les proies d’une ruade de sentiments encline à les attirer l’un vers l’autre. C’est ce qu’on appelle un coup de foudre.

    A l’amorce de leur relation, le mot « passion » prend sens pour Désirée et Benny. Légers, ils se croient redevenus adolescents, mais les premiers nuages ne tardent pas à survenir en raison de leurs divergences fondamentales.
    Katarina Mazetti illustre un choc culturel spectaculaire…

    Mon entourage m’a houspillée pour que je lise ce livre dès sa parution. C’est ma maman qui a commencé. L’ouvrage qui était en sa possession était paré de pages roses  et j’ai pris peur en apprenant qu’il mettait en scène une bibliothécaire : sans le savoir, je me suis, comme Désirée et Benny à leurs débuts, armée de puissants préjugés en considérant dès la première seconde qu’un roman rose ne pouvait que discréditer le métier de bibliothécaire

     

  • Avis sur le livre : « Les poissons ne connaissent pas l’adultère » de Carl Aderhold

    poissons-ne-connaissent-pas-adultere.JPGCarl Aderhold est l’auteur de Mort aux cons, roman que je n’ai jamais été tentée de lire pour son côté un peu trop provocateur : un tueur qui assassine les cons. Je me dis qu’on est toujours le con de quelqu’un et qu’on peut donc toujours être la victime potentielle d’un tel meurtrier. Par contre, le sujet de ce roman me tentait plus et j’y ai vu l’occasion de découvrir ce romancier. Cependant, et c’est rare pour le souligner, une fois la dernière page tournée, je n’arrive pas à me faire une opinion tranchée. Je m’explique. La lecture de ce roman est plaisante, je peux même dire que c’est assez rafraîchissant. Pourtant, je n’ai pu m’empêcher de ressentir de l’ennui et ce pendant une bonne partie du récit. C’est vrai que c’est joyeux, vaudevillesque, le mari de l’une cherche à séduire toutes les femmes, pendant que Julia essaie de prendre dans ses filets Vincent, l’intellectuel timide. Celui-ci, qui n’a jamais trompé sa femme, est attendrissant dans ses maladresses, d’autant plus que sa femme est un véritable dragon. Mais malgré tout, je ne dois pas être bon public pour ce genre car je me suis vite lassée de toutes ces frasques.

    En ce qui concerne les personnages, je suis aussi un peu mitigée et ennuyée. D’une part, je reconnais le côté attendrissant et charmant de Julia, Vincent ou encore Germinal, le contrôleur. Mais pour moi, l’ensemble frôle un peu la caricature. Julia, caissière un peu vulgaire (du moins vue ainsi par les autres) mais sympathique, enjouée et sociable. Vincent, l’intello timide, passionné par ses bestiaires médiévaux. Muriel, l’épouse acariâtre et revêche, toujours prompte à faire une scène, à un tel point que finalement, le lecteur a envie que son mari la quitte. Nicolas, le professeur d’université imbu de lui-même et infidèle. Et je ne parle pas de certains autres personnages, sous peine de dévoiler une partie de l’intrigue. Seule Colette et Germinal créent la surprise !

    Au final, je ressors avec un avis un peu mitigé de cette lecture. Car malgré tout ça, je dois reconnaître que j’ai aimé ce roman, qui se lit d’une traite. Et que j’ai passé un bon moment à sa lecture. L’écriture de Carl Aderhold est enlevée et son imagination sans limites.

  • Les vierges et autres nouvelles - Irène Nemirovsky

    vierges.JPGIrène Némirovsky, remarquable romancière de l’entre-deux-guerres, trop tôt disparue à Auschwitz en 1942, nous offre un vrai régal de lecture avec ce recueil de douze nouvelles. Dans un style alerte, avec une lucidité teintée d’ironie et d’humour, ces textes frappent par la justesse du ton, des dialogues... c’est tellement juste, tellement vrai ! Irène Némirovsky sonde l’âme humaine, la met à nu. Les sentiments qu’elle décrit sont universels. La chute de chaque nouvelle nous laisse pantois. Pour Irène Némirovsky, il est vain d’esquiver nos faiblesses, mieux vaut les regarder en face.

    Premières phrases d’une nouvelle : « Le temps nous durcit ; il nous fige dans une attitude qui tout d’abord a pu être le simple effet d’un hasard et non d’un choix ou de quelque impérieuse nécessité intérieure.

    Lorsque mes fils me laissent seule : « Oh, maman ne s’ennuie jamais », assurent-ils. « Maman ? Donnez-lui son tricot, le coin de son feu et les comptes de la bonne, elle est parfaitement heureuse... »

    Une lecture très riche.

  • Le réveil de Marie Pavlenko - suite

    reveil.JPGJ’ai beaucoup aimé l’héroïne et ses réactions. Elle est jeune, mais pas niaise du tout. Au contraire, elle est très naturelle, ce qui la rend crédible et attachante. De plus, Marie Pavlenko l’a doté d’une bonne dose d’humour très agréable. Les autres personnages sont également bien dessinés et complexes. L’auteur joue très bien sur la dualité de leur nature. 
     
    J’ai souvent tendance à reprocher aux auteurs jeunesses, une écriture trop simplette et un style « mâché », où tout est bien expliqué pour que le lecteur n’ait pas trop à réfléchir. À ma grande joie, ce n’est pas le cas ici. L’écriture de Marie Pavlenko est mature, intelligente, précise tout en restant tout à fait accessible à un public plus jeune. 
     
    Le seul point négatif et qui, finalement, a un peu douché mon enthousiasme, c’est que beaucoup de choses sont attendues. Cela casse le suspens. Surtout que l’on reste dans le sillage de la trame habituelle des romans fantastiques : pouvoirs extraordinaires, prophétie. L’exemple le plus frappant, c’est le « cliffhanger » final. Je mets des guillemets, car je savais que cela allait arriver et du coup, je n’ai pas été surprise, alors que c’était censé être un moment fort. 
     
    Malgré ce petit reproche, j’ai eu un réel plaisir à lire ce livre qui m’a happé dès les premières pages. C’est sans hésiter que je lirai la suite ! 

  • Le réveil de Marie Pavlenko

    reveil.JPGJ’avais déjà entendu parler de ce livre, mais c’est grâce au Mois de sur Book en stock que j’ai eu l’occasion de le découvrir et je les en remercie. L’auteur est d’ailleurs en présentation actuellement sur leur site et je vous conseille fortement d’aller la rencontrer, elle est charmante. N’hésitez pas à lui poser vos questions ! 
     
    Dans ce premier opus, nous découvrons un monde à la fois proche du nôtre (l’action se passe aux environs de Paris) et où des éléments fantastiques se greffent petit à petit. Ici, point de vampires, de loup-garous ou même de démons, mais des Enkidars. On les assimile traditionnellement aux anges, car ils ont de grandes ailes, mais ce que je trouve intéressant c’est qu'ils n’en sont pas. Ils se séparent en deux clans, les Faucheurs et les Gardiens. Et même si certains de leurs pouvoirs ressemblent fort à ce que l’on attend effectivement des anges, ils s’en éloignent tout de même suffisamment pour avoir leur propre originalité. 
     
    Leur univers est encore très secret mais promet d’être captivant. C’est petit à petit que Marie Pavlenko nous le présente. Elle prend son temps pour le poser, ainsi que ses personnages. Cependant, à aucun moment elle ne lâche son lecteur, l’histoire est rythmée entre la vie d’une jeune fille ordinaire (lycée, sorties, flirt) et celle d’une jeune fille qui se découvre un destin extraordinaire (apprentissage de ses pouvoirs et de sa culture, combats). Elle a su le rendre très prenant dès le début, en n’hésitant pas à y insérer une certaine tension.