Libris - Page 5

  • roman : Ce n'est pas une façon de dire adieu de Stéfani Meunier

    meunier.JPGJ'ai plongé dans ce roman, sans vraiment savoir à quoi m'attendre, bien qu'ayant lu le résumé. Et j'ai mis les deux pieds dans une ambiance un peu bohème en partant à la rencontre des trois personnages qui s'alternent la narration : Ralf, Héloise et Sean, qui évoluent au sein des années 70, à New-York sur un air rock'n'roll.

    Sean, le musicien qui refuse de s'attacher, de quelque manière que ce soit, et qui trouve chez Ralf une sorte de "chez soi". Ralf qui vit, solitaire, au milieu de sa musique, de ses livres, et de son chien Lennon, dans une routine si minutieusement planifée que ça en est presque blasant.

    Héloise enfin, qui cherche à se sentir vivante en s'accrochant à ses rêves.

     

    On s'attache aux personnages. Peut-être plus à l'un qu'à l'autre, parce qu'ils sont tous les trois différents alors chaque lecteur trouvera à s'identifier à l'un d'eux.  Leur seul point commun est le devoir de grandir. Et c'est celui de tous.  Personnellement mon point d'ancre a été Sean. Ce mec qui se laisse un peu porter et qui refuse/réfute/repousse toute raison qui l'empecherai de partir ici et là. Ce type qui s'arrange pour ne s'accrocher à rien, pour ne rien avoir a laisser derrière lui, parce qu'il a peur de perdre le "pourquoi" de sa vie. 

    Stéfani Meunier sait vraiment rendre les choses intéressantes et pousser à la réflexion l'air de rien. La musique est importante, parfois une bouée, toujours là telle une bonne compagne de vie. En général, ce genre de lecture, ponctuée de musique me gonfle, mais l'auteure à su rendre les choses subtiles, du coup ce côté là est vraiment bien passé et c'est comme ça que je me retrouve à écrire ma chronique en écoutant chaque titre des Beatles cité... 

    Ce n'est pas une façon de dire adieu de Stéfani Meunier , Boréal 2007

  • Chroniques du monde émergé de Licia TROISI

    chronique.JPGJe n’arrive pas à lire autre chose en ce moment… L’histoire est prenante avec de nombreux rebondissements…J’aime beaucoup le rôle qui est assignée à l’héroïne,  Nihal et point de manicchéisme : les bons sont aussi des gens emplis d’ambiguité (comme dans la vraie vie).

    L'histoire de Chroniques du monde émergé

    Nihal vit avec son père l’armurier Livon (le meilleur des 8 terres Emergées), elle grandit à Salazar (l’une des tours-cités de la Terre du Vent) dans l’insouciance et la liberté. Nihal est particulière : elle a des cheveux bleus et des oreilles en pointe.

    Un jour, l’armée du Tyran vient conquérir ou plutôt anéantir la cité… Nihal va découvrir sa véritable identité et elle n’aura de cesse de vouloir se venger… Solitaire, elle arrive pourtant à se lier d’amitié avec Sennar, un magicien entré au Conseil des Mages, avec Laïo, le jeune garçon qui voudrait devenir écuyer et Ido, le gnome son maître d’armes et chevalier du Dragon mais patience, patience… Ido n’apparaît que dans le second tome…

    Cette histoire est éditée chez Pocket jeunesse, l’auteur est Licia TROISI… Pour qui aime la fantasy, foncez… Comme je le mentionnais plus haut, Nihal est un personnage féminin fort et combattif qui aspire à la vengeance et qui a dû mal avec sa féminité et ses sentiments…

    Les personnages ne sont donc ni tout noir, ni tout blanc… Parfois on peut trouver le ton du roman un peu moralisateur mais l’auteur pose des questions pertinentes sur la mort et en particulier sur le sens de la vengeance, sur le sens de la mort en temps de guerre, sur l’amour (sur les émois amoureux ou les attirances physiques), sur le courage (qu’est ce que le courage  finalement ?) sur les liens d’amitiés qui se tissent ou se déchirent, sur la différence…

    Voîlà de quoi satisfaire sa curiosité ou plutôt réflêchir sur le sens de la vie, de sa vie et du cheminement que l’on fait…

    A noter qu’il y a une série de trois tomes qui fait suite aux Chronques du monde émergé et qui s’intitule "Guerres du Monde Emergé"… Je ne sais pas encore si l’on retrouve Nihal et Sennar dans cette trilogie…

    Chroniques du monde émergé de Licia TROISI Pocket jeunesse

  • livre : Marilyn, Dernières Séances de Michel Schneider

    marylin.JPGPassionné par Marilyn, je le suis depuis l’enfance.

    D’abord l’image de cette blonde en robe blanche qui vole au dessus d’une bouche de métro, puis quelques films, et enfin sa vie –son insoutenable histoire. Norma Jean Baker, simplement. A la sortie de ce livre, en 2006, j’avais longtemps tourné autour, avant de me résoudre à attendre la sortie en poche. Et puis, il y a quelques semaines, je tombe sur un Folio, dont la couverture était celle d’une femme blonde langoureusement enroulée dans des draps de soie blanc, les yeux mi-clos, la peau pâle. Seules ses lèvres, d’un rose éclatant rends une tache de couleur.

    S’il existe la photo noire & blanc, on pourrait inventer pour Marilyn celle blanche et blanche, juste pour elle. Marilyn. Rien que Marilyn. Le livre se découpe en une multitude de chapitres, qui sont autant de flash back sur des lieux, des dates, des histoires. Beaucoup de retour en arrière, d’ellipses, qui servent à merveille ce récit hautement documenté sur la relation ambiguë entretenue en le docteur Greenson et sa plus célèbre patiente, Marilyn. Marilyn le rencontre en janvier 1960 et ne le quittera pas jusqu’à ce jour d’août 1964 où elle trouvera la mort. Entre temps, de nombreuses séances psychiatriques, des tournages de films éprouvant, des amours perdus ou revenants, des photoshoots désabusés, déshabillés, désenchantés. De la tristesse, des cachetons, du glamour et des paillettes, des mensonges et des non-dits. Fort bien écrit, ce roman se lit à une vitesse incroyable malgré ces quelques cinq cent pages.

    Au final, on repense à Marilyn. Elle n’était pas folle : la folie n’existe pas. Au contraire, on créé la folie de toute pièce, et on absorbe tout un être pour le rendre prêt à s’écarteler. Pour que quelque chose craque. Quelque chose doit craquer, c’est bien cela. A découvrir, à aimer, à garder profondément dans son esprit. Car Marilyn n’était elle que lorsque Norma Jean le souhaitait, et au fond, bien que perdue, elle savait par avance sa destinée. Inachevée, mais intense.

    « Marilyn, Dernières Séances » de Michel Schneider Editions Folio Prix Interallié 2006

  • La contrée finale de James Crumley

    james.JPG

    James Crumley est un de ces autres auteurs de romans noirs qui, à l'image des bluesmen du sud profond, ont eu une vie faite de détours avant de pouvoir laisser éclater leur talent au grand jour. James Crumley tarda à trouver l'équilibre à Missoula en tant que professeur d'université et, ensuite, de longues années de travail avant de publier peu de romans, bien que depuis les années 90 sa production soit plus régulière. Ecrivain sudiste comme son contemporain James Lee Burke, Crumley a une prédilection pour les personnages déstabilisés et perdus qui cherchent en vain à retrouver leurs rêves de jeunesse, celui qui, durant la guerre du Vietnam, espérait changer le monde et qui arrivé à l'aube du 21e siècle n'a plus que ses souvenirs et peu de terre autour de la carlingue de son "cad".

    James Crumley pourrait prendre à son compte l'adage de Manchette comme quoi un polar doit être avant tout une critique sociale. Ce roman est une attaque virulente contre l'état du Texas et ses élites pétrolières et politiques. En point de mire il pointe la famille Bush et ses tares. Mais réussi t'on un roman uniquement avec des critiques, mêmes justifiées contre un establishment quelqu'il soit? La réponse est : non.

    Avis sur La contrée finale

    Le roman est marqué par un style abrupt et direct, qui n'a pas peur d'être vulgaire et cru, cette crudité est lassante à force d'être répétitive. Certes Crumley se refuse à entrer dans le cercle des auteurs bien pensants, mais le cynisme et l'humour noir sont une chose et la vulgarité une autre. Je m'attendais à mieux de la part de l'écrivain texan. La succession de situations sorties tout droit d'un four, mal dégrossies, à l'emporte pièce, comme si c'étaient des pièces rapportées et non une suite de faits à relier entre eux, donne une désagréable impression de collage qui s'en va à vaux l'eau.

    Je n'ai pas ressenti d'unité dans ce roman. Il n'y a clairement pas eu de plan. Non que j'attendais de Crumley un montage à la Ludlum mais, même si je suis de l'avis de Westlake, il y avait un arrière goût d'improvisation trop prononcé dans les pages que je viens de lire. Tout cela n'a ni queue ni tête et je n'ai été que très partiellement convaincu par une histoire dont on trouverait de meilleurs expressions chez d'autres écrivains : Willeford pour n'en citer qu'un. Et ce n'est pas la fin, bien que terriblement mélancolique, et que j'ai appréciée, qui a réussi à rattraper ma déception. Je n'aime pas descendre en flammes un artiste mais quand j'ai été déçu comme cela a été le cas j'ai du mal à voiler mes sentiments. Il y a des lecteurs qui auront une autre appréciation de ce roman et c'est tant mieux...

     

    La contrée finale de James Crumley (Gallimard/Folio policier, 2004, 416 pages)

     

  • KENNA, Michael - Rétrospective BnF Paris

    kenna.JPGla BnF Richelieu consacrait une rétrospective à ce photographe voyageur anglais, installé aux États-Unis depuis plus de trente ans.

    La date de clôture étant imminente, j’ai profité d’une pause déjeuner pour faire un saut à l’exposition où étaient présentées plus de deux cents photographies rendant compte de l’œuvre que Kenna consacre depuis des années au paysage :  univers urbains (Hong Kong, Dubaï, Shanghai, New York…), complexes industriels (dentellerie de Calais, centrale de Ratcliffe), campagnes bucoliques anglaises ou japonaises, parcs et jardins, bords de mer, de rivière ou de lac, sites patrimoniaux exceptionnels (Ile de Pâques, Mont Saint-Michel, Pyramides de Teotihuacan et de Guizeh)…

    Souvent nimbés de brume ou plongés dans l’obscurité, les paysages sont auréolés de mystère et de poésie. D’ailleurs, Kenna compare ses photos aux haïkus qui, malgré leur peu de mots, possèdent un grand pouvoir d’évocation, en laissant au lecteur le soin de remplir les vides.

    La « patte » de Michael Kenna

    ses paysages sont exempts de toute présence physique humaine (et même animal, si ce n’est des oiseaux sur quelques rares clichés).
    L’existence de l’Homme est suggérée par défaut, dans la domestication de la nature, dans l’édification des monuments du passé, dans le peuplement des cités… Cette particularité donne aux clichés un caractère intemporel, comme si le temps était suspendu, qui ajoute à leur magie.

    Cerise sur le gâteau, Kenna possède un subtil sens de l’esthétique et joue divinement bien des lignes graphiques, des perspectives, des lignes d’horizon.

    Un très beau voyage au pays de la rêverie et de la contemplation que je prolonge de temps à autre en me plongeant au hasard des pages dans le catalogue de l’expo.

    Michael Kenna
    Sous la direction d’Anne Biroleau
    Éditions de la BnF (2009) - 230 pages

  • SF : Nova de Samuel Delany

    nova.JPGL'histoire : Deux familles s'affrontent pour avoir le plus d'influence sur les différentes planètes, lunes, terres et étoiles qui forment maintenant le monde. Va s'en suivre une bataille infernale à la poursuite d'une Nova, de là viendra tout le pouvoir...

    Un genre très nouveau pour moi, et j'avoue que plus d'une fois j'ai décroché en me disant "bon reprenons, mais de quoi parlent-ils donc?", les passages techniques sur les énergies, les astronefs et que sais-je encore m'ont particulièrement propulsée dans un univers plein de brume.

    Par contre, le fond est plutôt commun à un roman de littérature plus générale, les mêmes questions se posent : le pouvoir des mots et de l'imagination, la liberté, le pouvoir et la conquête, les élites et les laissés pour compte.

    Ce qui est amusant dans la science-fiction, c'est que l'on a plus aucun repère. Un exemple, "ah on va à Paris, mince, c'est trop près de l'Australie, je risque de tomber sur ma femme" (bon, c'est retranscrit avec mes mots, mais la situation est la même) - enfin bref, il faut se ré-habituer à tout un fonctionnement.

    Ce fut une bonne expérience (oui oui, quand même), mais la science-fiction, c'est pas pour moi (ce genre de science-fiction du moins).

    Nova de Samuel Delany (LGF - Livre de Poche, 1988, 344 pages)